De meilleurs rendements ?

 

     Depuis toujours, des méthodes ont été essayées pour améliorer les rendements agricoles. Aujourd'hui, l'avènement des OGM pourraient s'avérer une extraordinaire opportunité pour se faire. En effet, vers l'année 2050, la population de la Terre est estimée à 10 milliards d'habitants et toute solution pour la nourrir doit être étudiée.

     Pour ces firmes agro-alimentaires, les OGM sont la solution indispensable à notre subsistance parce qu'ils permettraient de produire davantage sur une même surface que des semences dites « non modifiées ». Il n'y a pas suffisamment de nourriture pour que tout le monde mange à sa faim. Est-ce que la culture d'OGM est le meilleur choix? Le doute subsiste...

     Pour la Banque Mondiale (BM), par la voix de ses experts, il convient, pour assurer une sécurité alimentaire durable au plus grand nombre, d'édifier les règles d'une nouvelle révolution verte. Cette révolution peut être envisagée grâce aux derniers développements du génie génétique. Ce génie génétique promettrait l'augmentation des rendements, la résistance aux parasites des cultures, quels que soient l'état du sol et les conditions climatiques. Cela serait la solution idéale.

     C'est parmi les pays en voie de développement que cet argument est le mieux adapté. Ces pays connaissent des problèmes de production et de manque de rendement conduisant à la famine, pas suffisemment de nourriture pour tout le monde.

     Avec l'apport des biotechnologies, le rendement peut être meilleur grâce à des semences mieux armées contre les divers prédateurs. Un rendement supérieur assurera des bénéfices substenciels aux exploitants qui pourront les réinvestir.

     Si le pouvoir d'achat augmente, l'activité économique en ressentira les effets positifs. Une augmentation de la productivité induira la baisse du prix de la nourriture, et apportera davantage de dividendes. De plus, les sols laissés en friche, car jugés incultivables sous des causes diverses pourront être cultivés grâce aux OGM. Ainsi certaines régions, parmi les plus pauvres, pourraient assurer leur survie en améliorant leurs cultures de base grâce aux nouvelles technologies qui exploitent ces modifications génétiques.

     Pour les Etats-Unis, dans un programme de développement, l'idée d'étendre les cultures transgéniques aux pays les plus pauvres, comme en Afrique, pourrait améliorer le sort de plus de huit cent millions de personnes mal-nutris dans le monde.

 

     L'énigme des OGM est récurrente surtout en ce qui concerne le rendement additionnel qu'ils pourraient apporter. En outre, les firmes productrices de semences génétiquement modifiées telle que Monsanto préconisent "le doublement de la production agricole mondiale afin de nourrir, d’ici quelques dizaines d’années, 9 milliards d’individus [...] car les facteurs de production deviennnent de plus en plus limitée".

 

 

 

 

 

 

     Cependant, de nombreux Organismes Non Gouvernementaux (ONG), en particulier les écologistes tels que Greenpeace, des paysans et même des chercheurs contestent ces arguments. Pour ces opposants, les causes de famine dans le monde sont le résultat de mauvaises distributions de richesse et de ressource nutritive. Ils prennent pour exemple certains pays d'Afrique qui malgré leur richesse, subissent la famine à cause de l'exportation de leurs productions. Ils pointent du doigt la politique agricole des pays producteurs, tels que les Etats-Unis et l'Europe qui brûlent une partie de leur production alimentaire, ou nourrissent avec des céréales les animaux afin d'éviter l'effondrement du marché par surproduction. S'ajoute à tous ces arguments contraires, la crainte face aux risques potentiels pour la santé et l'environnement que représentent la culture des OGM.

     De nombreuses études sur l'impact et le rendement des OGM ont été réalisées. Ainsi une étude initiée par l'université du Wisconsin sur le rendement de différentes variétés de soja dans les neufs états du Midwest, révèle que la production des graines transgéniques à l'hectare est inférieure à celle des plantes naturelles. Une autre étude pratiquée en 1998 dans les universités américaines conclut que le rendement du soja transgénique est 6% inférieur aux plantes classiques.

     Une autre étude réalisée par des experts indépendants a montré que l'utilisation d'OGM n'augmente pas de façon probante les productions de maïs et de soja. "Jusqu'ici les performences des cultures génétiquements modifiées pour accroître le rendement sont modestes et ce malgré les efforts considérables mis en oeuvre depuis vingt ans." concluent les auteurs de cette étude. Or l'accroissement de la production est l'un des principaux arguments des défenseurs des OGM. Selon les rédacteurs de ce rapport, l'augmentation des rendements agricoles aux Etats-Unis est surtout le fait de l'amélioration des techniques agricoles.

     Ainsi la production du maïs à l'hectare aurait progressé de 28% mais seul 3 ou 4% de ce gain serait attribué aux OGM. Le reste (environ 24%) serait attribué aux méthodes d'amélioration des cultures du maïs. Pour les plants de soja, la production a progressé de 16%, mais les chercheurs jugent négligeables le gain apporté par les OGM car dans le même temps, le rendement du blé a augmenté de 13% avec aucune variété d'OGM.

 

 

 

 

 

     Seule une variété de maïs (Bt) a montré de plus grands rendements d'exploitation. Mais l'accroissement des rendements depuis 1996, date où il a été commercialisé serait de l'ordre de 0,3% par an. Sur des parcelles saines, le gain de rendement comparé aux maïs normaux est évalué à 2,3%. Alors que sur des parcelles dites infestées par des nuisibles, propices à la culture d'OGM, le taux du rendement est supérieur de 7 à 12% par rapport aux cultures traditionnelles. Ces résultats sont nettement inférieurs à ceux annoncés par les semenciers, la firme Monsanto en tête. Ainsi un maïs transgénique baptisé Yielgard augmenterait la production de près de 20% sur les terres infestées et de 12% sur l'ensemble des terres cultivées. Un bémol de taille sur ce dernier maïs, les insectes pourraient avec le temps ne plus être sensibles aux propriétés de ce maïs selon le même Monsanto.

     Selon le continent, les situations et les enjeux sont différents. Ainsi l'Europe et les Etats-Unis ne connaissent pas de problèmes de famine et sont plutôt en surproduction. Seuls les risques sanitaires et environnementaux motivent leurs refus des cultures transgéniques. Alors que pour l'Afrique et certains pays du Moyen Orient, la famine existe et les cultures OGM apporteraient une solution durable à ce fléau. Même si les OGM peuvent présenter un risque, ils représentent l'espoir de nourrir tout le monde. Ainsi l'Afrique qui connait de réels problèmes de famine ne peut pas se permettre d'attendre les résultats sur les conséquences des OGM.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site